Morphométrie encéphalique en IRM dans la maladie du cri du chat

J. TAMRAZ1,3, Marie-Odile RETHORÉ2, J. LEJEUNE2, Claire OUTIN3, R. GOEPEL3, J.L. STIEVENART3, Marie-Thérèse IBA-ZIZEN3, E.A. CABANIS3, ARSEP*

TAMRAZ J., RETHORÉ Marie-Odile, LEJEUNE J., OUTIN Claire, GOSPEL R., STIEVENART J.L., IBA-ZIZEN Marie-Thérèse, CABANIS E., ARSEP.- Morphométrie encéphalique en IRM dans la maladie du cri du chat. A propos de sept patients, avec revue de la littérature.


Résumé :

Les auteurs rapportent les résultats d'une étude morphologique de l'encéphale de 7 patients porteurs de la maladie du cri du chat, explorés en imagerie par résonance magnétique (IRM). Une méthode d'analyse morphométrique des coupes anatomiques est proposée. Une anomalie caractéristique est observée chez ces patients: l'atrophie marquée du tronc cérébral prédominant à l'étage protubérantiel et associée à un cervelet de petit volume avec atrophie des pédoncules cérébelleux moyens et des albums cérébelleux. Cette atrophie en apparence systématisée marquée surtout chez l'enfant, rappelle celle observée chez des patients présentant une atrophie olivo-ponto-cérébelleuse, et permet peut-être d'expliquer partiellement les troubles de la coordination et du développement moteur observés chez ces patients, sans pour autant que l'on puisse impliquer les mêmes systèmes fonctionnels sous-jacents.

Sommaire

Haut

Introduction

Le syndrome 5p- ou maladie du cri du chat a été individualisé par Lejeune et coll. en 1963, à partir de 3 observations. Le signe le plus caractéristique de cette affection et qui a conféré son nom à la maladie est le cri plaintif aigu de l'enfant. Ce cri, associé à la dysmorphie cranio-faciale caractéristique, permet de faire le diagnostic chez le bébé. La fréquence de la maladie est estimée à 1 pour 50000 naissances (7F/5M) et l'on dénombre plus de 330 cas rapportés dans la littérature selon Réthoré, en 1977.

L'aspect dysmorphique cranio-facial associe une microcéphalie majeure, un visage lunaire chez le nourrisson, ovalaire avec aplasie des gognons chez l'adulte, une micrognathie et un hypertélorisme marqué. Le crâne est petit et l'ensellure nasale très large et plate, avec dans certains cas, une protrusion de la région fronto-médiane. Un strabisme divergent est fréquent. Le palais est ogival et les dents sont mal implantées (de Grouchy et al., 1964 ; Lejeune et al., 1963, 1964 ; Niebuhr, 1979 ; Rethoré, 1977).

La débilité de ces enfants est sévère avec un langage quasi inexistant et un QI le plus souvent inférieur à 20. La léthalité est faible. Les anomalies dermatoglyphiques constituent un élément important du diagnostic.

Nous nous proposons de rapporter, dans ce qui suit, les données morphologiques concernant l'encéphale de ces patients tel que peut nous le montrer l'imagerie par résonance magnétique (IRM) in vivo. Une revue des données neuropathologiques de la littérature complète l'exposé.

Haut

Matériel et méthode

Haut

Observations

La population étudiée comporte 7 patients porteurs de la maladie du cri du chat, faisant partie d'un travail de recherche développé depuis quelques années et partant sur l'analyse morphométrique de l'encéphale de patients, actuellement au nombre de 75, présentant des constitutions pathologiques en rapport avec des aberrations chromosomiques (Tamraz et al., 1987 ; Tamraz,1991). Tous ces patients ont bénéficié d'un examen cytogénétique et clinique, neuro-psychologique et somatique.

Les explorations IRM ont été pratiquées, sous sédation, dans le service de neuroradiologie du Centre hospitalier National d'Ophtalmologie des Quinze-Vingts. Deux de ces patients ont été explorés à bas champ (0,15 T) et six à haut champ (1,5 T), l'un de nos 7 patients ayant été exploré sur les deux systèmes à 3 ans d'intervalle.

Âgés de 2 à 33 ans au moment de l'examen, on compte 3 adultes (27, 30 et 33 ans) et 3 enfants (2, 6, 10) et un adolescent de 16 ans. La répartition en fonction du sexe montre une prépondérance féminine (6 F / 1 M) dans notre série.

Un résumé des observations comportant les principaux éléments sémiologiques et les données de l'examen cytogénétique de nos patients répertoriés dans le tableau I, sont rapportés dans ce qui suit.

Patient 1 (fig. 1 ) (JOU. C.): (IP n° 31398) ; caryotype : 46, XX, del(5) (pter ? p14.2:)

Deuxième enfant de parents bien portants, non consanguins. La mère, née en 1955, a fait une fausse couche de 1 mois en 1987. Son caryotype est normal comme celui de son époux, né en 1951. L'enfant est née à terme, le 11 juillet 1988, pesant 2280 g, mesurant 45 cm et ayant un périmètre crânien de 32 cm. Âgée de 4 ans, son poids est de 13 kg, sa taille de 91 cm, et son périmètre crânien de 45 cm; le test de niveau sans langage révèle un âge mental de 2 ans. La marche a été acquise à 22 mois. Il n'a jamais été noté de convulsions. Les réflexes sont vifs, le sommeil très léger. On ne retrouve pas de malformations sensorielles ou viscérales. Le syndrome dysmorphique est celui de la maladie du cri du chat avec des tubercules prétragiens bilatéraux. L'épicanthus a totalement disparu à l'âge de 2 ans.

Patient 2 (fig.2) (CAI.M : (IP n° 5386) ; Caryotype : 46, XX, del(5p)

Troisième enfant d'une femme née en 1950, qui a fait une fausse couche en 1976 et quatrième enfant d'un homme né en 1943 dont la première épouse a fait une fausse couche. Le caryotype des 2 parents est normal. L'enfant est née le 14 novembre 1984, pesant 2620 g. Elle a marché à 2 ans. Elle n'a jamais convulsé. A l'âge de 5 ans et 7 mois, M. pèse 13 kg, mesure 105 cm et son périmètre crânien est de 45 cm. Le test de niveau (QD) sans langage est de 0,45. L'enfant est agitée, se mordille les doigts. Le syndrome dysmorphique est celui de la maladie du cri du chat. L'hypertélorisme est très important. Il existe un strabisme divergent.

Patient 3 (fig. 3) (NAS. S.): (IP n° 28155) ; Caryotype : 46, XX, del(5) (pter ? p15.31:)

Première enfant de parents libanais, bien portants, nés en 1958, ayant un caryotype normal. Née le 7 novembre 1983, à 8 mois, 8 jours, elle pèse 2370 g. Actuellement elle mesure 122 cm et a un périmètre crânien de 48 cm. Le QD sans langage est de 0,33. Les réflexes sont vifs et il existe un nystagmus. L'enfant marche les genoux légèrement fléchis. Le syndrome dysmorphique est celui de la maladie du cri du chat.

Patient 4 (fig.4) (BLA. JB.): (IP n° 32609); caryotype : 46, XY, r(5) (pl4 q35)

Fils unique, né à terme le 15 décembre 1974 avec un petit poids. La mère née en 1943, a un caryotype normal. Le père, né en 1946, est décédé accidentellement au troisième mois de la grossesse. J.B. présente depuis 1987 une épilepsie ayant débuté à la suite d'une hyperthermie. Actuellement, à l'âge de 18 ans, son poids est de 31 Kg, sa taille de 137 cm et son périmètre crânien de 45,5 cm. Le QD est de 0,20. Il existe de graves troubles du comportement avec automutilation. Les réflexes sont très vifs. Le syndrome dysmorphique est celui de la maladie du cri du chat. L'épicanthus, modéré, est toujours visible. On note un strabisme divergent.

Patient 5 (fig. 5) (DAG. M.): (IP n° 3754); caryotype : 46, XX, del(5) (pter ? p14.2:)

Première enfant née à terme le 8 août 1961, pesant 2350 g, mesurant 46 cm et ayant un périmètre crânien de 32,5 cm. La mère, née en 1938 et le père en 1935, sont bien portants et ont un caryotype normal. Âgée de 31 ans, M. pèse 36 kg, mesure 140 cm et a un périmètre crânien de 48,4 cm. Le test de niveau (Binet-Simon) révèle un âge mental de 3 ans. Depuis 2 ans sont apparus des troubles de l'équilibre et un léger tremblement des extrémités. Le bilan thyroïdien est normal. La chromatographie des acides aminés urinaires évoque une tubulopathie actuellement en cours d'étude. Le syndrome dysmorphique est celui de la maladie du cri du chat, mais, contrairement à l'habitude, les gognons sont saillants. L'épicanthus a disparu vers l'âge de 3 ans.

Patient 6 (fig. 6) (SAU. C.): (IP n° 10652); caryotype : 46, XX, del(5) (pter ?pl400:)

Fille unique de parents bien portants, nés en 1936, ayant un caryotype normal. Née le 15 octobre 1959 au terme de 8 mois, pesant 2760 g, elle pèse actuellement 56 kg, mesure 152 cm et a un périmètre crânien de 51,7 cm. Elle n'a jamais convulsé. Les réflexes sont vifs. Elle marche les genoux fléchis. Elle parle relativement bien et travaille en Centre d'Aide par le Travail (CAT). Le syndrome dysmorphique correspond à la maladie du cri du chat. L'épicanthus a totalement disparu.

Patient 7 (HAC. H.): (IP n° 25595); caryotype : 46, XX, del(5p)

Troisième enfant d'une mère née en 1929 et d'un père né en 1926. Le caryotype des 2 parents est normal. Née le 7 août 1959 au terme dépassé de 15 jours, pesant 2870 g, elle a marché à 2 ans 6 mois. Le QI est de 0,50. Actuellement, elle pèse 57 kg, mesure 155 cm et son périmètre crânien est de 51 cm. Il n'y a jamais eu de crises convulsives mais un dodelinement important de la tête existe depuis une dizaine d'années de même qu'un léger tremblement des extrémités.

TABLEAU I. - Liste des patients porteurs d'une maladie du cri du chat. TABLE I. - Listing of the patients with cat cry syndrome.
IRM Nom Âge Sexe 1,5 T Caryotype
1 12040JOU. C. 2 ansF+46, XX, del(5)(pter ? p.14.2)
211818CAL M.6 ansF+46, XX, del(5p)
318498NAS. S.10 ansF+ (0.15 T)46, XX, del(5)(Pter ? p.15.31)
410749BLA. J.B.16 ansM+ 46, XY, r(5)(p14q35)
518674-5DAG. M.30 ansF+ 46, XX. del(5)(pter ? p.14.2)
619422SAU G.33 ansF+ 46, XX, del(5)(pter ? p. 1400)
71925HAC. H.27 ansF+ (0.15 T)46, XX, del(5p)

Haut

Technique IRM

Deux systèmes d'IRM ont été utilisés : d'abord un appareil à bas champ, résistif (Magniscan 0.15 T de la CGR), prototype implanté en 1984 dans le service, remplacé par un système à haut champ, supraconducteur à 1.S Tesla (SIGNA* de GE-CGR). Le protocole technique adopté à haut champ, comporte 4 séquences d'acquisition 2D et 3D pondérées en T1 et en T2, dans différents plans d'orientation céphalique rigoureusement établis, afin de faciliter l'approche analytique comparative ou évolutive des images.

Les acquisitions comportent :

1 - des coupes sagittales jointives couvrant l'encéphale, de 5 mm d'épaisseur, en écho de gradient pondérées en TI (MPGR/110°, TR. 480 ms., TE. 5 ms.) et/ou en écho de spin (POMP, TR. 400 ms, TE. 10 ms);

2 - des coupes axiales non jointives orientées selon le plan neuro-oculaire ou PNO (Cabanis et al., 1981, 1982 ; Tamraz, 1983 ; Tamraz et al., 1984) et/ou dans le plan chiasmato-commissural postérieur ou Ch-Cp (Tamraz et al., 1990, 1991 ; Tamraz, 1991) en séquences T2 (S.E., TR. 2800 ms, TE. 35-80 ms. et récemment S.E. Fast, TR. 4200 ms, TE. 18-144 ms) de 5 mm d'épaisseur ;

3 - des coupes coronales jointives orientées selon le plan commissural-postérieur-obex ou Cp-Ob (Tamraz et al., 1990, 1991 ; Tamraz,1991) en écho de gradient M.P.G.R./110°) ;

4 - une séquence 3DFT volumique pondérée en TI, en coupes de 1 à 2 mm jointives couvrant toute la tête (S.P.G.R./25°, TR. 23 ms, TE. 5 ms) et permettant de pratiquer une reconstruction multiplanaire ou surfacique reconstituant de façon fidèle les parties molles faciales et l'encéphale du patient. Les données sont archivées sur disque optique permettent un accès facile en vue de toute nouvelle approche morphométrique à définir.

Haut

Approche biométrique adoptée

Une approche biométrique originale et biostéréométrique en cours de développement, basée sur l'utilisation des deux nouveaux référentiels encéphaliques orthogonaux (Ch-Cp, comme référence horizontale parallèle au plan de la scissure latérale et Cp-Ob comme référentiel vertical matérialisant le grand axe du tronc cérébral), est pratiquée (Tamraz et al., 1990, 1991). Un certain nombre de plans directeurs sont tracés parallèlement aux précédents (fig. 6) correspondant aux projections sur le plan sagittal médian des coupes retenues pour l'approche biostéréométrique. Trois classes de mesures sont proposées: mesures de distance (10 pour l'hémisphère cérébral, 14 pour le tronc cérébral et 2 pour le vermis cérébelleux), mesures de surface (5 pour la face interne de l'hémisphère), dix mesures angulaires, et 12 indices encéphaliques sont calculés. Tous ces paramètres préliminaires sont choisis en fonction de leur intérêt apparent pour l'analyse morphométrique, objet d'un travail précédent (Tamraz, 1991). Les résultats numériques observés sont confrontés à ceux obtenus chez des sujets normaux et chez d'autres patients présentant des constitutions pathologiques en rapport avec des aberrations chromosomiques. La validation de ces paramètres de mesure nous a amenés à recourir à deux types d'approche analytique: l'une monoparamétrique basée sur la méthode d'analyse de variance, et l'autre multiparamétrique reposant sur la méthode d'analyse discriminante appliquée aux syndromes étudiés. L'objectif étant d'essayer de séparer au mieux les différents groupes de patients et d'obtenir une certaine discrimination des syndromes, tout en maintenant leur différenciation du groupe des témoins (Tarnraz,1991).

Haut

Protocole anesthésique

Les explorations IRM ont été pratiquées sous sédation, par voie intra-veineuse permettant de pratiquer ces examens en ambulatoire (R.G.). Le protocole anesthésique adopté actuellement comporte l'utilisation du propofol, et ce, à raison de 2,5 à 4 mg/kg p.c. pour l'induction et de 20 à 150 mg pour l'entretien de 30 mn au maximum. Au moment de l'induction, est injectée également une dose unique de midazolam â raison de 2,5 à 12,5 g adaptée au poids corporel et au degré d'agitation de l'enfant. Les résultats obtenus s'avèrent, dans notre expérience portant sur plus de 300 enfants depuis 1990, très probants, en ce qui concerne la qualité du réveil. L'enfant se réveille généralement en fin d'examen, retrouve son orientation temporo-spatiale et recouvre son tonus musculaire dans le quart d'heure qui suit. La surveillance cardio-respiratoire pendant l'examen est assurée par l'acquisition de 2 paramètres physiologiques indépendants: l'électrocardiogramme en continu et la saturométrie avec pulsations périphériques. Tous les enfants pouvaient repartir 1 à 3 heures après environ. L'objectif fixé à cet égard et auquel nous nous sommes efforcés de rester fidèles est celui d'une sédation sans intubation pendant un temps d'examen efficace le plus court possible tout à fait envisageable à haut champ, avec une dose d'entretien excédant rarement le triple de la dose d'induction. Aucun accident majeur n'est à signaler jusqu'à présent.

Haut

Résultats et discussion

Nous nous proposons de rapporter les résultats de l'analyse anthropométrique et biométrique crânio-encéphalique et orbito-faciale à partir des données anatomiques obtenues en IRM in vivo chez nos patients porteurs d'une maladie du cri-du-chat (tableaux I et II). Ces résultats, très préliminaires et à valeur qualitative plutôt que quantitative, reposent sur une approche méthodologique originale adoptant les référentiels précédemment décrits. Il s'agit des plans, chiasmato-commissural-postérieur (ch-cp) comme référentiel encéphalique horizontal (Tamraz et al., 1990, 1991), parallèle au plan de la scissure latérale ("plan sylvien") et commissural-postérieur-obex (cp-ob) comme référentiel vertical (Tamraz et al., 1990, 1991), matérialisant le grand axe du tronc cérébral et perpendiculaire au précédent. L'approche orbito--faciale quant à elle, repose sur le plan neuro-oculaire (PNO), plan des voies optiques antérieures par excellence (Cabanis et al., 1981, 1982 ; Tamraz, 1986 ; Tamraz et al., 1984), dont la biométrie oculo-orbitaire est validée en tomodensitométrie-Rx in vivo (Cabanis et al., 1982 ; Saban et al.,1983).

Haut

Anthropométrie clinique

Depuis les années 70, on assiste à un développement croissant et à un intérêt marqué pour les méthodes anthropométriques appliquées à la caractérisation des syndromes par aberration chromosomique. De nombreux auteurs ont essayé d'établir des échelles biométriques et anthropométriques destinées à faciliter l'approche clinique des patients et à répondre aux deux problèmes cruciaux de la génétique clinique : le diagnostic du syndrome malformatif et sa classification. Un certain nombre de valeurs standards concernant la population générale sont établies et la région crânio-faciale est loin d'en faire défaut comme en témoignent les nombreux travaux anthropométriques connus (Farkas, 1981 ; Feingold et al., 1974 ; Feingold, 1983 ; Meaney et al., 1986 ; Roche et al., 1983 ; Sivan et al., 1982 ; 1983b ; Stengel-Rutkowski, 1984 ; Ward et al., 1984). Il reste néanmoins, beaucoup à faire pour l'encéphale en IRM in vivo, comme nous avons eu l'opportunité de l'évoquer lors d'un travail antérieur portant sur une série de patients explorés à bas champ [34], travail poursuivi depuis sur une centaine de patients présentant des constitutions pathologiques dues à des aberrations chromosomiques ou des maladies géniques (Tamraz,1991).

Nous nous sommes intéressés dans ce travail préliminaire à l'étude de l'étage orbitaire compte tenu de son importance pour l'identification clinique du syndrome et la controverse que soulève le problème de l'hypertélorisme (Breg et al., 1970). Ainsi, 6/7 de nos patients, explorés selon le Plan Neuro-Oculaire (PNO) et à haut champ, ont fait l'objet d'une étude biométrique oculo-orbitaire (3 enfants et 3 adultes). Les données métriques acquises sur console diagnostique sont confrontées aux données normales de la littérature, tant chez l'enfant (Feingold et al., 1974) que chez l'adulte (Cabanis et al., 1982). Les principaux résultats sont rassemblés dans le tableau II, avec entre parenthèses, quand elles existent, les valeurs normales correspondantes. Il en découle les observations suivantes :

1 - Concernant la distance bi-canthale externe, mesurée dans le plan axial de référence, le plan neuro-oculaire, plan des voies optiques antérieures, elle s'avère être inférieure à la normale, tant chez les enfants (patients 1 à 3) que chez les adultes (patients 4 à 6), les valeurs normales rapportées dans le tableau II, entre parenthèses, sont observées chez 97% des sujets normaux du même âge. Ces résultats absolus ne sont pas étonnants dans la mesure où l'on sait que tous ces patients sont microcéphales.

2 - Quant à l'étude de la distance bi-canthale interne et la distance interplanaire maximale, effectuée dans le PNO, plan des axes orbitaires, elle se heurte en IRM à quelques difficultés dépendant de la technique à savoir l'épaisseur du plan de coupe et l'imperfection de l'orientation des plans de coupe pratiquées chez deux de nos patients. Pour les enfants la seule difficulté rencontrée est la reconnaissance de la coupe passant parfaitement par les commissures internes du fait de la présence de l'épicanthus. Les résultats obtenus pour la distance bi-canthale interne chez les enfants et la distance inter-planaire maximale chez les adultes ne montrent pas de grandes divergences, par rapport à la normale. Ces mesures ont toutes été effectuées sur console après reconnaissance des repères squelettiques.

3- La distance inter-oculaire séparant le point central des deux cristallins, repères antérieurs du PNO, est dans les limites de la normale chez les enfants mais augmentée chez deux (patient 5 et 6) des trois adultes. Cette augmentation de la distance inter-oculaire chez ces deux adultes s'accompagne d'une élévation de l'indice de distance inter-oculaire, et s'associe à une élévation comparable de l'indice de téléorbitisme, indice dont la valeur peut être considérée comme normale chez les 3 enfants et l'adolescent (patient 4).

Il apparaît donc, à la lumière des résultats des mesures squelettiques obtenus chez nos 7 sujets, que l'hypertélorisme clinique considéré comme très caractéristique puisque présent dans près de 95 % des cas, est majoré chez l'enfant par la présence d'un épicanthus. Chez l'adulte, l'hypertélorisme s'accompagne d'un hypertélorbitisme chez deux de nos patients. Il n'a pas été noté dans ce travail très préliminaire d'anomalies significatives quant à la longueur axiale des globes oculaires dont les dimensions moyennes sont aux limites inférieures de la normale pour l'âge, de l'ordre de 21 mm chez les enfants et de 22 mm chez les adultes. La longueur axiale moyenne, mesurée en tomodensitométrie à rayons-X, étant constante et de l'ordre de 24 mm chez l'adulte [5]. L'analyse des valeurs des angles des parois latérales des orbites ne montrent pas de variations notables chez 4 de ces patients. Par contre on note une ouverture significative de l'angle formé par les deux segments intra-orbitaires des 2 nerfs optiques, dans deux-tiers des cas.

Haut

Morphométrie encéphalique

Peu de travaux antérieurs rapportent des anomalies morphologiques de l'encéphale chez ces patients, anomalies d'ailleurs pour la majorité non spécifiques (Basch et al., 1968 ; Breg et al., 1970 ; Cavalieri et al., 1964 ; Colover et al., 1971 ; Flannery et al., 1988 ; James, 1969 ; Labrune, 1967 ; Lejeune et al., 1964: Lemembre et al., 1971 ; Mennicken et al., 1968 ; Rethoré, 1977 ; Rehoré et al., 1984 - Solitare, 1967 ; Stahl et al., 1967 ; Vissian et al.,1971 ; Warkany,1975). L'exploration IRM in vivo de nos 7 patients d'âges différents, nous a permis de retenir comme anomalie constante et caractéristique pour le syndrome, l'atrophie relative très marquée du tronc cérébral par rapport à la masse cérébrale (fig. 1 A,K ; 2 A,E,H,L ; 3A,B,E,H à K ; 4 A). Cette atrophie intéresse plus particulièrement encore la protubérance annulaire dont la calotte présente un diamètre antéro-postérieur très diminué, proche de celui du bulbe ouvert, bien visible sur la seule coupe sagittale médiane (fig. 1 K; 2 A,E; 3 A,E,H à K; 4 A). A cette atrophie de l'étage protubérantiel s'associent de façon très corrélée, celle des pédoncules cérébelleux moyens de calibre très diminué (fig.1 F,L; 2 G; 3 D,F,N; 4 C). Le faible volume apparent de l'album des hémisphères cérébelleux (fig. 1 B,C,D; 2 M,N,O; 3 C) avec dilatation ex vacuo de la cavité du quatrième ventricule (fig. 1 C,F,K; 2 A,E,G; 3 A,E,H à K; 4 A,G) et les signes d'atrophie vermienne, supérieure surtout (fig. 1 K; 3 A,E,H à K; 4 A), sont à rapprocher des anomalies précédentes et semblent en être le corollaire immédiat. Cette hypotrophie est plus particulièrement marquée chez les plus jeunes de nos patients, pouvant peut-être traduire un retard de maturation des voies panto-cérébelleuses. Cela pourrait en partie tout au moins expliquer les troubles de la coordination motrice observée chez ces patients. Ces résultats qualitatifs, sont confortés par les résultats très préliminaires de l'approche morphométrique précédemment évoquée (Tamraz, 1991).

Il est intéressant de noter aussi la découverte fréquente d'une méga-grande citerne cérébelleuse, bien visible sur les coupes sagittales médianes chez tous nos patients (fig. 1 K ; 2 A ; 3 A ; 4 A), se prolongeant vers le haut, en arrière du vermis jusqu'à la tente du cervelet chez deux d'entre eux (patient 2 et 4). Une hypoplasie cérébelleuse gauche relative (patient 2) et bilatérale (patient 4) sont observés. L'un de nos patients (patient 2), présentait une dilatation bilatérale des corps ventriculaires latéraux, plus marquée aux extrémités postérieures. Seul l'un de nos patients montrait des anomalies de signal sur la séquence pondérée en T2, à type de haut signal intéressant la substance blanche périventriculaire et visibles notamment au contact des carrefours ventriculaires eux-mêmes dilatés (fig. 1 I,J).

Haut

Morphologie du larynx

L'un de nos patients (patient 5), a bénéficié, en plus de l'examen de l'encéphale, d'une exploration IRM du défilé pharyngo-laryngé dans les trois plans, sagittal (fig. 5A et B), coronal (fig. 5D à G) et axial (fig. 5 C et H à K), ne mettant pas en évidence d'anomalies malformatives évidentes n'était-ce le caractère rudimentaire déjà décrit, de l'appareil laryngé (Pontet et al., 19b5 ; Ward, 1968).

TABLEAU II. - Résultats de la biométrie oculo-orbitaire : 6/7 patients. TABLE II. - Results of the oculo-orbital biometry : 6/7 patients
dBCE dBCI Ind TOr (N = 29) Ind (IO) (N = 65) Ang PE (N = 850) Ang NO (N = 520) Ig Ax.O (N = 24)
170 (83)25 (32)2861816121
278 (90)29 (34)2365877120
387 (93)28 (36)2561936021
481 (97)26 (28)2664704622
594 (97)34 (28)4071866322
690 (97)25 (28)3370845622
dBCE (distance bicanthale externe): écart entre les extrémités antérieures des piliers orbitaires externes ; dBCI (distance bicanthale interne) ; Ind TOr (indice de téléorbitisme) : rapport entre la distance interplanaire max./dBCE ; Ind (IO) : indice de distance inter-oculaire (rapport de distance inter-pupillaire/dBCE) ; Ang PE (angle des parois externes des orbites) ; Ang NO (angle des 2 nerfs optiques) ; Ig Ax 0 (longueur axiale des globes oculaires)

Haut

Conclusion

Établir des corrélations anatomiques portant sur la morphologie de l'encéphale in vivo tel que nous l'autorise de façon non invasive l'imagerie par résonance magnétique, permet, dans un certain nombre de cas, de décrire des anomalies caractéristiques de l'un ou l'autre de ces syndromes génétique, dont la multiplicité et la complexité est fort bien connue. L'approche morphométrique encéphalique, l'instar de l'approche anthropométrique clinique, devrait permettre dans certains cas de décrire certains éléments d'un "phénotype encéphalique " propre â certaines classes de syndromes pathologiques et aider au démembrement des entités les plus réelles d'entre elles, illustrées pour le mieux par les maladies par aberration chromosomique. De plus, I'IRM permet d'objectiver et de reconnaître parfois certaines anomalies orientant vers la recherche de désordres métaboliques innés sous-jacents ou associés. Enfin, la facilité et l'innocuité avec lesquelles un contrôle évolutif in vivo peut être pratiqué, font de l'IRM une technique de choix permettant le suivi évolutif voire thérapeutique dans certains cas, élément de plus venant enrichir nos connaissances sur l'histoire naturelle de ces maladies génétiquement déterminées. Plus amples travaux sont certes encore nécessaires avant qu'une méthodologie efficace puisse être dégagée.


Fig. 1. - (patient 1) : Succession de coupes frontales orientées dans le plan Commissural-postérieur-Qbex (Cp-Ob) passant par le tronc cérébral (A), très grêle, les pédoncules cérébelleux moyens (B) et l'album cérébelleux (C, D) de volume réduits. (E à J): Coupes axiales dans le plan Neuro-oculaire passant par le tronc cérébral et montrant des citernes de la fosse postérieure élargies, des pédoncules cérébelleux moyens faiblement développés (F) et des anomalies de signal à type de haut signal en séquence T2, dans la substance blanche périventriculaire (I, J). Élargissement important de la grande citerne et du 4e ventricule (K, L) et faible volume relatif de la protubérance (K) avec diminution de son diamètre antéro-postérieur dans le plan sagittal. Noter l'aspect aminci du corps calleux par rapport la surface globale de l'hémisphère cérébral (K).Fig. 1. - (patient 1) : successive frontal cuts oriented according to the commissural-obex ligne (Cp-Ob) passing through the brainstem (A) the middle cerebellar peduncles (B) and the cerebellar white matter (C,D) which are recuced in volume. (E to J) : axial cuts according to the neuro-ocular plane passing through the brainstem and showing the cisterns of the posterior lassa which are in larged, the middle cerebellar peduncles poorly developped (S) with areas of high signal of the peri-ventricular white matter on long T2 weighted sequences (I,J). Important enlargement of the cisterna magna and the fourth ventricle (K,L) and very small development of the pons (K) with decrease of its entera-posterior diameter in the sagittal plane. Note the thinning of the corpus callusum as compared to the surface of the cerebral hemisphere (K).


Fig. 2. - (patient 2) : (A) : Coupe sagittale médiane montrant un aspect atrophique du pont et un élargissement de la grande citerne. (B) : Béance de l'extrémité antérieure de la scissure latérale. (C) : Aspect grêle et caractéristique du tronc cérébral. (D à G) : Élargissement des citernes latéro-cérébelleuses (H à K) : coupes axiales du tronc cérébral montrant le petit volume du pont (I), l'élargissement du sillon médian antérieur du bulbe avec possible fonte du relief olivaire inférieur des deux côtés (H), et le faible développement des pieds des pédoncules cérébraux (K). (M à O) : Asymétrie de développement des hémisphères cérébelleux avec hypotrophie relative du gauche (N) et dilatation bilatérale ex vacuo des carrefours des ventricules latéraux (O).Fig. 2. - (patient 2): (A): Mid-sagittal out showing an atrophic aspect of the pons and enlargement of the cisterna magna. (B): enlargement of the anterior extremity of the lateral fissure. (C): caracteristically reduced volume of the brainstem. (D-G): enlargement of the latero-cerebellar cisterns. (H-K): axial cuts through the brainstem showing a small volume of the pons (I), enlargement of the anterior median sulcus of the medulla with possible atrophy of the inferior olivary nuclear complex on both sides (H), and a small developpment of the pes pedunculi (K). (M-O) Asymetrical development of the cerebellar hemispheres with relative hypotrophy of the left one (N) and bilateral dilatation ex vacuo of the atria of the lateral ventricules (O).


Fig. 3 . - (patient 3) : Aspect relativement grêle du tronc cérébral pour l'âge (A, B), du pont et des pédoncules cérébelleux moyens en particulier (D à G dans le plan sagittal et P - Q dans le plan axial). Faible développement des album cérébelleux (C) mais aspect et volume normal des flocculus bien visibles (Q). Elargissement des sillons cérébelleux vermiens avec cavité du 4e ventricule élargie sur la succession de coupes médianes et paramédianes jointives de 1,5 mm d'épaisseur en séquence d'acquisition volumique (H à K). Grande citerne de la fosse postérieure de grand volume (J, K). Succession de coupes axiales passant par le tronc cérébral (L à S).Fig. 3. - (patient 3): Relatively small volume of the brainstem according to patient age (A,B), as well as the pons and the middle cerebellar peduncles shown in the sagittal plane (D-G) and in the axial plane (P-G). Small development of the cerebellar white matter (G) but normal volume and shape of the flocculi (C). Enlargement of the vermian cerebellar sulci with enlargement of the fourth ventricle, shown on the contiguous median and para-median cuts of 1,5 mm thickness on the 3D acquisition (H-K). Increased volume of the cisterna magna (J,K). Successive axial cuts passing through the brainstem (L-S).


Fig. 4. - (patient 4) : Microcéphalie majeure et caractéristique avec développement quasi-normal du massif facial (A, B), et surtout de l'étage orbitaire dont les dimensions antéro-postérieures occupent près de la moitié de la longueur axiale du crâne (C, D), rappelant les proportions observées chez les primates. Hypoplasie des hémisphères cérébelleux avec élargissement des citernes de la fosse postérieure (E, F). Absence d'anomalies sur le massif facial (I à L), exploré dans le plan axial.Fig. 4 . - (patient 4) : Major macrocephaly with normal deve-lopment of the face (A,B) and the orbits more particularly which antero-posterior dimensions corresponding to nearly half the distance of the antero-posterior length of the skull (C,D), as observed with the same proportions in primates. Hypoplasia of the cerebellar hemispheres with enlargement of posterior fossa cisterns (E, F). Absence of abnormalities on the face (I-L) as explored in the transverse plane.


Fige 5. - (patient 5) : Exploration du défilé pharyngo-laryngé dans le plan sagittal (A, B), axial (C), et coronal (D à G) et du plancher buccal (H à K) ne révélant pas d'anomalies majeures. Aspect normal de la moelle cervicale (B).Fig.5. - (patient 5) : Exploration of the pharynx and the larynx in the sagittal plane (A,B), the transverse plan (C) and the coronal plan (D-G) as well as the mouth (H-K), showing no particular abnormalities. Normal aspect of the cervical cords (B).


Fig. 6. - (référentiels encéphaliques) : Coupe sagittale médiane (A) et sa représentation schématique (B) montrant la projection des plans de référence encéphalique à la base de l'approche morphométrique, et dont les repères médians sont: le point chiasmatique (Ch), la commissure postérieure (Cp) et l'obex (Ob). Ces plans orthogonaux sont: le plan chiasmato-commissural postérieur (Ch-Cp), référentiel horizontal définissant un plan " Sylvien " et le plan commissural postérieur-obex (Cp-Ob) orienté selon le grand axe du tronc cérébral (Tamraz et al., 1991; Tamraz, 1991).Fig. 6. - (cephalic orientations) : Mid-sagittal cut (A), and its schematic représentation (B) showing the projections of the reference encephalic lignes which constitued the coordinates of the morphometric approach. The reference landmarks on the mid-sagittal MR cut are: the chiasmatic point (Ch), the posterior commissure (Cp) and the obex (Ob). These orthogonal cephalic planes are: the chiasmato--commissural plane (Ch-Op), horizonal reference ligne corresponding to the " Sylvian " lateral fissure plane and posterior commissural-obex plane (Cp-Ob) oriented according to the great access of the brainstem (Tamraz et al., 1991 ; Tamraz,1991).


Haut

Références

1. BHASCH C., GAUTIER M., SCHAEFFER P., MOSZER M. - Cri du chat. Anatomo-clinical observation. Sem Hôp Paris, Ann. Pédiatr, 1968, 4, 339-343.

2. BREG W.R., STEELE M.W., MILLER O.J., WARBURTON D., DE CAPOA A., ALLERDICE P.W. - The Cri du chat syndrome in adolescents and adults: clinical finding in 13 older patients with partial deletion of the short arm of chromosome 5 (Sp-). J Pediatr, 1970, 77, 782-791.

3. CABANIS E.A., PINEAU H., IBA-ZIZEN M.T., COIN J.L., NEWMAN N., SALVOLINI U. - CT scanning in the neuro-ocular plane: the optic pathways as a new cephalic plane. Neurophthalmology, 1981, 1, (4), 237-25I.

4. CABANIS E.A., IBA-ZIZEN M.T., PINEAU H., TAMRAZ J., COIN J.L., ATIYEH M., FENART R., SABAN R. - Le plan neuro-oculaire en tomodensitométrie: détermination d'un nouveau plan horizontal de référence céphalique orienté selon les voies visuelles. Cah Anthropol, Biométrie Hum, 1982, 17, 21-48.

5. CABANIS E.A., IBA-ZIZEN M.T., TAMRAZ J., MUZAC S. - Topométrie oculo-orbitaire - aspect dynamique normal et pathologique. In, tomodensitométrie en pathologie oculo-orbitaire. Bull Soc Opht de France. Rapport annuel, 1982, 31-56.

6. CAVALIERI S., MASTELLA G., TIEPOLO L. - The Cri du chat syndrome. Il Fracastoro, 1964, 57, 370-381.

7. COLOVER J., LUCAS M., COMLEY J.A., ROE A.M. - Neurological abnormalities in the Cri du chat syndrome. J Neurol Neurosurg Psychiat, 1971, 35, 711-719.

8. GROUCHY J. (de), ARTHUIS M., SALMON C., LAMY M., THIEFFRY S., ROUBIN M., PASSAGE E. - The cri du chat syndrome, a new case. Ann Génét, 1964, 7, 12-16.

9. FARKAS L.G. - Anthropometry of the head and face in medicine. pp.3-59, N.Y., Elsevier North Holland, 1981.

10. FEINGOLD M., BOSSERT W.H. - Normal values for selected physical parameters: an aid to syndrome delineation. Birth Defects, 1974, 10, 13, 1-17.

11. FEINGOLD M. - Proper measurements in physical diagnosis. Am J Dis Child, 1983, 137, 828.

12. FLANNERY D.B., ROGERS W.G., BYRD J.R. - Ring chromosome 5. Clin Genet, 1988, 34, 74-78.

13. JAMES A.E.Jr. - The Cri du chat syndrome. Radiology, 1969, 92, 50.

14. LABRUNE M. - Étude des signes radiologiques de la maladie du Cri du chat. Ann Radiol (Paris), 1967, 10, 303.

15. LEJEUNE J., LAFOURCADE J., BERGER R., VIALATTE J., BOSS WILLWALD M., SERINGE P., TURPIN R. - Trois cas de délétion partielle du bras court d'un chromosome 5. CR Acad Sci III, 1963, 257, 3098-3102.

16. LEJEUNE J., GAUTIER M., LAFOURCADE J., BERGER R., TURPIN R., Partial deletion of the short arm of chromosome 5. Fifth case of the Cri du chat syndrome. Ann Génét 1964, 7, 7-12.

17. LEMEMBRE C., LEMEMBRE P., DEMINATI R., PARQUET P.J. - A typical case of the Cri du chat syndrome. Lille Méd, 1971, 16, 852-858.

18. MEANEY F.J., FARRER L.A. - Clinical anthropometry and medical genetics: a compilation of body measurements in genetic and congenit-al disorders. Am J Medical, Genetics, 1986, 25, 343-359.

19. MENNICKEN U., PFEIFFER R.A., PUYN U., WORBES H., WAGENER A. - Clinical and cytogenetic findings in seven patients with Cri du chat syndrome. Z Kinder Heilk, 1968, 104, 230-256.

20. NIEBUHR E. - Anthropometry in the Cri du chat syndrome. Clin Genet 1979, 16, 82-85.

21. PONCET E., LAFOURCADE J., ZHA J., AUTIER C. - Vocal disturbances and the laryngeal malformations in the disease due to chromosomal aberration. "Cri du chat". Ann Oto-laryng, 1965, 82, 865-868.

22. RETHORÉ M.O. - Chromosome deletions and ring chromosome syndromes. In: P.J. VINKEN, G.W. BRUYN Eds , Congenital malformations of the brain and skull. Handbook of clinical neurology, 1977, 31, 549-620.

23. RETHORÉ M.O., COUTURIER J., VILLAIN E., HAMBOURG M., LEJEUNE J. - Maladie du cri du chat et trisomie 8p par translocation paternelle t(5; 8) (pl409; pl2). Ann Génét, 1984, 27, (2),118-121.

24. ROCHE A.F., MAUNA R.M. - Manual of physical status and perfor-mance in childhood. Vol 1 A: "Physical status" New York, Plenum Press, 1983

25. SABAN R., IBA-ZIZEN M.T., RINJARD J., CHRISTOV K., STRAZIELLE L., CABANIS E.A. - Tomodensitométrie céphalique in vivo chez Macaca Irus I. Geof, dans le plan neuro-oculaire. Comparaison avec l'homme. CR Acad Sci, III, 1983, 297, 131-136.

26. SIVAN Y., MERLOB P., REISNER S.H. - Eye measurements in pre-term and term newborn infants. J Craniofac Genev Dev Bio., 1982, ,2, 239-242.

27. SIVAN Y., MERLOB P., REISNER S.H. - Philtrum length and intercommissural distance in newborn infants. J Med Genet, 1983b, 20, 130-131.

28. SOLITARE G.B. - The Cri du chat syndrome: neuropathologic observations. J Ment Def Res, 1967, 11, 267-277.

29. STAHL A., LOUCHET E., GIRAUD P., SOULAYROL R., HARTUNG M., BRUSQUET Y., BERNARD P.J. - The syndrome of deletion of the short arm of a chromosome 5 (Cri du chat). Pédiatrie, 1967, 22, 581-582.

30. STENGEL-RUTKOWSKI S., SCHIMANEK P., WERNHEIMER A. - Anthropometric definitions of dysmorphic facial signs. Human Genet, 1984, 67, 272-295.

31. TAMRAZ J. - Atlas d'anatomie céphalique dans le plan neuro-oculaire. Thèse Méd, Paris, 1983. Paris, Schering, France Ed., 1986.

32. TAMRAZ J., IBA-ZIZEN M.T., CABANIS E.A. - Atlas d'anatomie céphalique dans le plan neuro-oculaire. J Fr Ophtalmol, 1934, 7, 371-379.

33. TAMRAZ J., SABAN R., REPERANT J., CABANIS E.A. - Définition d'un plan de référence céphalique en imagerie par résonance magnétique : le plan chiasmato-commissural. CR Acad Sei Paris, 1990, III, 311, 115-121.

34. TAMRAZ J., RETHORE M.O., IBA-ZIZEN M.T., LEJEUNE J., CABANIS E.A. - Contribution of magnetic resonance imaging to the knowledge of CNS malformations related to chromosomal aberrations. Hum Genet, 1987, 76, 265-273.

35. TAMRAZ J., SABAN R., REPÉRANT J., CABANIS E.A., A new cephalic reference plane for use with magnetic resonance imaging: the chiasmato-commissural plane. Surg Radiol Anat, 1991, 13, 197-201.

36. TAMRAZ J. - Morphométrie de l'encéphale par résonance magnétique : application à la pathologie chromosomique humaine, à l'anatomie comparée et à la tératologie. Thèse Doct. Sci, Paris V, Paris, 1991.

37. VISSIAN L., MANASSERO J., KERMAREC J., DUPLAY H., VAILLAUD J.C. - Changes in the skin elastic fibers in the Cri du chat syndrome. A new case. Ann Derm Syph, 1971, 98, 53-56.

38. WARD P.H. - The larynx in the Cri du chat syndrome. Laryngoscope, 1968, 78, 1716-1733.

39. WARD R.E., MEANEY F.J. - Anthropometry and numerical taxonomy in clinical genetics: an example of applied biological anthropology. Am J Phys Anthropol, 1984, 64, 147-154.

40. WARKANY J. - Congenital malformations, Chicago., Year Book Mec. Publ., 1975.